Benjamin Brice
@benjamin-brice
Livres : *L'impasse de la compétitivité* (2023, @editionsLLL) et *La sobriété gagnante* (2022). Chercheur associé Centre Thucydide
2️⃣ Le coût de l'indépendance. Réindustrialisation et rattrapage technologique = surcoût pour le consommateur (et/ou le contribuable) français. Les délocalisations ont augmenté notre abondance matérielle ; les relocalisations auront plutôt l'effet inverse. shs.cairn.info/revue-bifurc...
J'ai le plaisir de publier une tribune dans @lemonde.fr Le thème ? La faillite de notre modèle de société !
Et le PIB par habitant alors ? Eh bien, sa croissance va aussi se réduire, du fait de la transformation de la pyramide des âges. Un ralentissement de l’ordre de 40 % selon l’OCDE.
3️⃣ Le vieillissement de la population. Selon le rapport Draghi (2024), d’ici 2050, le niveau du PIB EU devrait revenir au niveau actuel. Soit une croissance nulle ! Pourquoi ? Parce que le nombre d’actifs va diminuer rapidement. Et le choc sera encore plus violent en Chine…
- Il y a un écart de coût de 30 à 40% entre la Chine et l’Europe, pour des produits de qualité équivalente (@thomas-grjebine.bsky.social Pacôme Lefebvre Mattéo Torres, rapport pour @strategieplan.bsky.social). Relocalisation et protections = surcoût ⤵️ bsky.app/profile/benj...
2️⃣ En sens inverse, relocalisation + transition écologique = risque d’un effet négatif sur la productivité. - Dans le plan de transformation de l’économie française de @theshiftproject.bsky.social, il faut 412 000 ETP en + dans le secteur alimentaire. Pour une production agricole moindre…
- Les progrès de l’IA se heurtent à la limite du volume d’électricité (voir l’audition de @arthurmensch.bsky.social). - Quel sera le vrai impact macro de l’IA ? Après tout, la révolution internet n’a pas produit autant de croissance que l’équipement des ménages : véhicules, électroménager…
Pour redresser le pays, il faudrait une reprise de la croissance du PIB. Mais peut-on vraiment compter dessus ? Rien n’est moins sûr ! Un fil 🔽 1/12
Préparer l’avenir suppose (par an) : - Défense : environ 30mds€. - Relocalisation : 20mds€ (Olivier Lluansi). - Transition écologique : 25 à 34mds€ (@pisaniferry.bsky.social @selmamahfouz.bsky.social). - Intelligence artificielle : 10mds€ (@rexecode.fr). + Education, recherche, justice, santé…
En outre, la remontée des taux d’intérêt risque de nous coûter de + en + cher, et donc de réduire encore nos marges de manœuvre budgétaire. Alors, pourquoi ne pas en faire LA priorité poli-tique ? Parce qu’il y a une autre urgence. Laquelle ? Lancer des investissements massifs !
Le déficit public se creuse depuis un demi-siècle. Il tourne autour de 150 milliards d’euros depuis plusieurs années… Mais alors, faut-il en faire notre priorité politique ? Non ! Fil 1/10 ⤵️
J’ai publié *La sobriété gagnante* en 2022. Quatre ans après, la réorientation de notre société vers l’investissement et l’avenir m’apparaît plus nécessaire que jamais. La question est donc : gouvernants et candidats accepteront-ils enfin d’affronter cette réalité ?
Voici l'évolution : - 1960-1973 : désendettement et fort excédent commercial. - 1974-2007 : +50 points de PIB de dette publique et désindustrialisation. - 2008-2024 : +50 points de dette (en presque deux fois moins de temps…) et déficit commercial structurel.
Pourtant, malgré cette réalité massive, nous continuons de vivre comme au temps de la croissance forte : ▶️ stimulation des besoins par les entreprises, publicité omniprésente, imaginaire de surconsommation, promesses de hausse du niveau de vie matériel, etc.
Bref, notre univers économique n’a plus rien à voir avec celui des Trente Glorieuses. Et pour demain ? Avec les crises économiques, géopolitiques, écologiques et démographiques qui se dessinent à l’horizon, la situation a plus de chance de se dégrader que de s’améliorer.
La crise du pouvoir d’achat ne va pas disparaître… Pourquoi ? Parce que c’est la crise de tout notre modèle de société ! Un modèle de société fondé sur la croissance rapide du niveau de vie matériel. 1/9 ⤵️
Nous vivons depuis 2008 une crise profonde du pouvoir d’achat (graphique @francoisgeerolf.bsky.social). Les partis politiques ont donc la tentation de promettre deux choses contradictoires : à la fois une relocalisation de la production et une hausse du niveau de vie.
Nous y avons beaucoup perdu : dépendance aux importations, délitement du tissu industriel, conséquences sociales, empreinte écologique. Mais nous y avons gagné l’accès à des produits moins chers, et donc à une plus grande abondance matérielle.
C’est le fait que la relocalisation d’activités industrielles va nous coûter très cher ! Si les usines et les ateliers ont été délocalisés, c’est pour pouvoir produire à moindre coût. (Un extrait de mon article sur le sujet dans *Birfurcation/s* ⤵️)
La nécessité de la réindustrialisation fait consensus en France… Et pourtant, rien ne se passe ! Depuis 2017, malgré les pressions géopolitiques, écologiques et économiques, la part de l’industrie manufacturière stagne dans l’emploi et dans la valeur ajoutée. Pourquoi ? 1/8 ⤵️
L’enjeu est de retrouver des capacités de défense (cyber, drones, spatial…). Si la Pologne est passée de 2,2% de son PIB consacré à la défense à 4,5 % en l’espace de trois ans (2022-2025, données @SIPRIorg), c’est parce qu’elle juge que la menace est bien réelle ! (Graphique Banque mondiale.)
La Pologne a été démantelée à la fin du XVIIIe siècle. Martyrisée un siècle et demi après par l’Allemagne nazie, puis soumise par l’URSS. Cela était totalement injuste. Mais tel est le sort possible des pays militairement faibles, du moins lorsqu’ils ne disposent pas d’alliés fiables.
D’après un sondage (Cluster 17), 60 % de l’électorat écologiste estime que la France dépense trop pour la défense… Je crois que c’est mal comprendre la situation ! Un petit fil ⤵️ 1/9 (Graphique pris dans @politico.eu.)
Par exemple, faire passer le budget de la défense de 2 à 3 points de PIB représenterait une dépense annuelle supplémentaire d’environ 30 milliards d’euros… Et que dire de l’investissement dans l’éducation ? dans la transition écologique (@pisaniferry) ?
Besoins en hausse + dépenses en baisse = des gains d’efficacité ? Oui, probablement. Mais AUSSI une dégradation générale de l’action publique : armée sous-dimensionnée, décrochage éducatif, défaillance du système de santé, impréparation écologique, etc.
Malheureusement, dans le même temps, les besoins ont eu tendance à augmenter… Menaces géopolitiques beaucoup plus fortes que dans les années 1990, vieillissement de la population (hôpital), des études de plus en plus longues (pression sur les universités), etc.
La réduction de ces dépenses est un objectif des gouvernements de droite et de gauche depuis une trentaine d’années. Résultat ? Une orientation légèrement à la baisse, malgré les rebonds au moment des crises (2008 et covid). De 1996 à 2024 : -1,4 point de PIB.
2) Pour l’évolution, le niveau des dépenses de fonctionnement n’a pas augmenté en l’espace d’un demi-siècle ! Nous en sommes à peu près au même point qu’en 1975, au début du mandat de Valéry Giscard d’Estaing (voir la courbe rouge du graphique).
Quand Bruno Retailleau annonce la suppression de 200 000 fonctionnaires en cinq ans, cela ne représente en réalité qu’une baisse des dépenses publiques de 0,4 point de PIB ! (Calculs à partir des données Fipeco et INSEE.) Et où trouver ces 200 000 fonctionnaires ?
À l’approche des élections présidentielles, les promesses de baisse des dépenses publiques se multiplient. Est-ce vraiment crédible ?