Jérémie Naudé
@jeremie-n
Chercheur en neurobiologie. #neuroscience Compte personnel. Site perso / blog (en construction) :
Parmi les universitaires qui signent cette défense du raciste Cofnas en faisant croire qu'il est un "lanceur d'alerte" alors qu'il se revendique explicitement comme payé par l'université de Gand pour "avancer la grande révolution héréditariste" et les "barrières entre les races", il y a donc FBB.
Le recrutement à l'université a des problèmes, et il ne faut pas confondre politique d'égalité et tokenisme. Mais il ne faut pas se tromper de menace : c'est au nom d'une rigueur qui lui est étrangère que l'extrême-droite vient saper l'université, pour y avancer un agenda raciste et eugéniste.
Oui ça n'apporte aucun élément de réponse autre que les explications de sens commun "leur désir est tout puissant et leur self-contrôle pas bien développé" ce qui 1) naturalise une soi-disant pulsion de vss 2) reporte les solutions sur l'inhibition individuelle plutôt que les dispositifs collectifs.
La biologie (la génétique, les neurosciences) ce n'est pas la révélation d'un code, d'un programme ou de rôles préexistants. Au contraire, la fécondation est le résultat d'une dynamique distribuée, sans buts. Cette dynamique est contingente : les mêmes gamètes, plus tard, donneraient autre chose.
Ce vocabulaire libéral du "choix" importe l'idée qu'il existerait du bon et du mauvais matériel génétique, et un mécanisme pour le trier. C'est un impensé eugéniste. Et la version du "matching génétique" entre gamètes rejoue l'idée eugéniste d'optimisation, avec deux acteurs au lieu d'un.
Le problème n'est pas de savoir qui est actif, ou si être gros et passif c'est mal. C'est qu'un gamète n'a pas de projet, de but ou de décision. La BD garde le cadre du *sujet libéral* projeté sur la cellule: l'ovocyte-consommatrice qui sélectionne son partenaire sur un "marché génétique".
Les philosophes féministes ont montré qu'un mythe biologique inversé résiste souvent mieux que l'original, parce qu'il occupe la place de sa propre critique. Partager un mythe inversé, avec l'ovule qui choisit, reste donc performatif. Partageons plutôt Haraway, Harding, Fausto-Sterling ou Longino.
Or "le mâle propose, la femelle dispose" n'est pas l'alternative au récit standard des rôles sexués. C'en est le cœur théorique (Bateman, Trivers): des gamètes coûteuses d'un côté, et bon marché de l'autre, impliquent des femelles sélectives et des mâle qui leur font la cour. La morale victorienne.
Capter le vocabulaire de la rigueur, désigner toute contestation comme ennemie de la science, se rendre ainsi soi-même infalsifiable, pour attaquer la "science établie" alors qu'on incarne le pouvoir. C'est ironiquement typique de Lyssenko, dont elle donne à voir la version moderne, libertarienne.
P. Sastre ressort le procédé classique de crier à la censure là où il n'y en a pas. Aucun débat n'a été censuré par des étudiants vu que ce n'était pas un débat mais un tribune où le psychologue réac J. Haidt a eu une tribune sans contradiction pour sa remise de doctorat honoris causa par NYU.
- 23 milliards (d'argent qui manque au public) donné à l'enseignement supérieur privé, sans contrôle - frais d'inscriptions discriminatoires pour les étrangers - rapports HCERES qui poussent à la baisse de masse salariale et au transfert des formations rogueesr.fr/le-ravin/ On va (enfin) réagir ?
Total soutien à Olivier Hamant évidemment, dont les travaux sur la robustesse sont passionnants. Que Le Point accuse un scientifique comme lui d'être "caricatural" est une occasion de rappeler ce que le Point a pu publier sur la biologie ou les sciences en général. rogueesr.fr/le-point/
Le Point attaque où on l'attend : Chaque semaine ils caricaturent l'évolution ou la génétique pour naturaliser une idéologie : compétition, optimisation, adaptation ou performance. Le chercheur Olivier Hamant démonte ce socle depuis la biologie elle-même, d'où la violence de la réaction du Point.
Je regarde plus la télé mais le potentiel de hate watch de cette émission semble incroyable 😱
On n'oublie pas les mécanismes : du collagène non-fibrillaire qui organise les synapses chez le ver C. elegans, aux héritages mitochondriaux dans la neurogenèse et aux freins internes à la prise de nicotine. Et des modèles computationnels reliant les niveaux microscopique et microscopique 🥰
Dans cette sélection on retrouve une compétion entre perception cardiaque (interception) vs exteroception (toucher) ou encore le traitement visuel inconscient, et l'alimentation adolescente qui sculpte l'hippocampe. Le cerveau avec le reste du corps, qui se développe dans un environnement matériel.
Les Highlights de la Société des Neurosciences sont en ligne, de la neuro à tous les niveaux : de l'épigénétique dans Huntington au réseau de communications ultrasonores des souris africaines; des astrocytes striataux à la mémoire sous endocannabinoïdes. www.neurosciences.asso.fr/wp-content/u...
Sa conclusion, c'est que nos fonctions cognitives reposent sur des *architectures* très anciennes, comme la boucle de couplage sensori<->motrice ou le contrôle par feedback ("si ca sent continue, sinon tourne") Le comportement des especes modernes a été raffiné à partir de ces boucles de base.
Et donc construire un récit de patients qui refuseraient d'écouter les médecins (qui eux savent) quand ils leur montrent des images de clous dans le pied, c'est méprisant pour les malades. Et c'est nocif pour une réception sereine de la science (que l'article prétend défendre) dans l'espace public.
L'absence de biomarqueur est mobilisée comme preuve que le covid long serait cognitif. Puis cognitif devient = à cérébral, pour se présenter du côté de la biologie. Mais aucun mécanisme n'est présenté pour la thèse du "cerveau en mode défense". C'est de la preuve biologique à géométrie variable.
Cueillette du jour : Science & Vie explique qu'on est accro au smartphone à cause de notre cerveau de chasseur-cueilleur. Dans une page web qui est surmontée d'une vidéo publicitaire pour "un smartphone novateur". L'article est évidemment un combo de tous les neuromythes sur la surconsommation :
Ce qui est intéressant avec Huberman, ce n'est pas qu'il "simplifie la science". C'est qui il invite: son podcast fait défiler des scientifiques mainstream ET des figures de la manosphère, avec le même vocabulaire : dopamine, testostérone, optimisation. Il n'y a pas de frontière visible
L'argument des résolutions de cold case par la génétique révèle le projet réel : un fichage massif de la population. La généalogie génétique transforme chaque citoyen en suspect potentiel et étend la surveillance bien au-delà de qui fait le test: à toute sa famille, sur plusieurs générations.