Clément Gaillard
@clementgaillard
Conception Bioclimatique & Climatologie Urbaine | Docteur en Urbanisme | Spécialiste #microclimat, #ilotdechaleur et #adaptation | clementgaillard.com
Cet exemple rappelle une chose simple : ce n'est pas seulement la quantité d'ombre qui compte, mais le moment où elle est présente. C'est tout l'intérêt d'étudier la course du soleil heure par heure. 10/11
Une étude publiée en 2025 montre qu’elles contribuent à diviser par trois l’intensité de l’inconfort thermique des piétons pour cette orientation. La géométrie solaire l'emporte toujours sur l'étroitesse des rues : iopscience.iop.org/article/10.1... 9/11
Toutes ces rues sont recouvertes de voiles d’ombrage sur de larges tronçons qui permettent de préserver le confort thermique au moment de la pause de midi. Elles apparaissent même sur d'anciennes cartes postales. 8/11
La rue Síerpes à Séville est orientée selon l’axe nord-sud et exposée au soleil en milieu de journée malgré son étroitesse (rapport H/W compris entre 2 et 3). C’est aussi le cas des rues Velázquez et Cuna qui lui sont parallèles. 7/11
Dans une rue orientée nord-sud, le sol est ombragé pendant la matinée et l’après-midi, mais les bâtiments ne peuvent pas le protéger quand le soleil est au zénith entre 11h et 14h. On le remarque aussi sur la modélisation pour la ville d'Arles. 5/11
Cette photo montre la calle Sierpes à Séville, une rue étroite typique des quartiers denses d’Andalousie, et déjà bien ombragée par les bâtiments qui la bordent. Pourtant, elle est bizarrement recouverte de voiles d'ombrage depuis le début du XXe siècle. 2/11
Pourquoi ombrager une rue… déjà ombragée ? À Séville, certaines rues étroites sont recouvertes de voiles d'ombrage depuis plus d'un siècle. Une absurdité ? Pas du tout. UN FIL 1/11
Pourtant, en période de canicule, je parie que vous préférez vivre derrière 60 cm de pierre plutôt que derrière 2 cm d'isolant. Et c’est bien normal : la capacité thermique et la densité d’un matériau sont des facteurs majeurs de contrôle de la chaleur. FIN 28/28
Si vous reprenez le mas provençal, que vous éliminez la masse et la capacité thermique de ses murs en pierre, vous trouvez une résistance thermique d’environ 0,20 à 0,40. C'est comparable à environ 1 à 2 cm de laine de verre. 27/28
Cette valorisation excessive de la résistance thermique peut conduire à sous-estimer certaines qualités du bâti ancien, dont les murs ne présentent pas forcément une résistance thermique élevée. D'où, parfois, leur mauvais classement DPE. 26/28
Aujourd'hui, la réglementation simplifiée conserve cette approche centrée sur la résistance thermique. Dans le discours courant sur la rénovation, l'isolation thermique est parfois présentée comme un geste suffisant en lui-même. 24/28
Pourquoi se focaliser sur ce seul critère de la résistance thermique qui favorise principalement les isolants ? Parce qu'il se calcule très simplement, peut être additionné et permet de comparer facilement les matériaux entre eux. 21/28
Mais dans la réalité, c'est très différent : les variations journalières des températures extérieures changent tout. Un bâtiment est soumis à un régime thermique dynamique, pas statique. Cela fait toute la différence. 19/28
Selon ce seul critère de la résistance thermique, en régime stationnaire, 10 cm d'un isolant en laine de verre laissent passer autant de chaleur que plus de 5 mètres de béton. C'est le genre d'image qu'on voit souvent pour promouvoir les isolants. 16/28
Depuis cette période, si vous regardez un matériau isolant, il est essentiellement défini par son coefficient R (pour résistance thermique), qui est calculé à partir de sa conductivité thermique. Plus le R est élevé, plus le matériau est isolant. 15/28
Cette époque est aussi marquée par une invention majeure : la naissance de la climatisation à compression. Ces évolutions vont participer au développement d'une nouvelle manière de concevoir les bâtiments, basée sur des performances thermiques calculables. 13/28
Selon l'historien de l'architecture Kiel Moe, les matériaux isolants ont initialement été développés dans un contexte de révolution industrielle. Les isolants minéraux industriels modernes, comme la laine de verre, se développent surtout au XXe siècle. 12/28
Dans le bâti ancien, les matériaux des parois assurent donc plusieurs fonctions (thermique, statique, etc.). Aujourd'hui, un mur est décomposé en un complexe de paroi et chaque élément assure une fonction (l'isolant, le mur porteur, l'étanchéité, le frein vapeur, etc.). 10/28
Il existe quelques rares exemples d’utilisation de paille pour isoler des glacières qui permettaient de stocker la glace avant l’invention du réfrigérateur (voir thèse de J.-P. Traisnel). Mais cela reste un usage marginal et appliqué à un type d’ouvrage spécifique. 9/28
Historiquement, il faut bien comprendre que l'idée de mettre des matériaux exclusivement isolants dans les bâtiments est récente. On trouve très peu d'exemples de bâtiments traditionnels avec une couche isolante permanente dissociée de la structure. 6/28
Dans cette analogie, l'eau illustre le chauffage (ou le rafraîchissement), la passoire illustre le bâtiment et le fait de boucher les trous illustre le rôle de l'isolation thermique. Maintenant, vous comprenez pourquoi on utilise l'expression de « passoire thermique ». 4/28
Commençons par la base. Quelle est la fonction de l'isolation thermique ? Le but d'un matériau isolant dans un bâtiment est de réduire le passage de la chaleur à travers la paroi. 2/28
Comment l’isolation a (trop) simplifié la thermique du bâtiment ? J'ai lu énormément de choses plus ou moins vraies sur l'isolation thermique ces dernières semaines et j'ai voulu faire une petite mise au point historique. 1/28
Nous sommes en 2026 et des bâtiments mono-orientés plein ouest sans système de rafraîchissement sortent encore de terre, peut-être même sans protections solaires correctement conçues. L’orientation d’un bâtiment à l’ouest demande une énorme vigilance. 12/13
J'entends souvent sur ce réseau et ailleurs que l'orientation sud pose des problèmes de surchauffe, mais c'est objectivement celle qui présente le meilleur compromis hiver/été. D'autant plus qu'il est très facile d'ombrager au sud avec un débord. 10/13
Pareil pour les cumuls reçues par une façade verticale. L'est et l'ouest reçoivent 4,5 kWh/m² dans le Sud de la France le 21 juillet, contre seulement 1,5 kWh/m² le 21 janvier (3x plus). Le sud ne reçoit que 2,5 kWh le 21 juillet contre 5 kWh/m² le 21 janvier (2x moins). 9/13
Aujourd’hui, on sait qu’une façade plein ouest (courbe rouge) reçoit plus de 700 W/m² de puissance solaire entre 15h et 18h, aux pires heures de la journée, avec un rayonnement perpendiculaire à la façade. C'est aussi le cas pour l'est (jaune), mais pendant la matinée. 8/13
C’est un fait connu depuis 1883 et cela a été démontré par l’ingénieur Félix Marboutin et l’architecte Alfred Henry dès les années 1940 ! Les orientations est et ouest captent le maximum d’ensoleillement au pire des moments. 7/13
Ne pas prévoir de brasseur d’air, de climatisation ou tout autre système de refroidissement dans cette configuration, c’est amplifier la vulnérabilité des occupants les plus fragiles. Et s'imaginer rafraîchir passivement un tel bâtiment après coup relève de l'illusion. 5/13
L’objectif de la réunion était d’imaginer des stratégies passives de rafraîchissement pour essayer de résoudre un énorme problème de surchauffe. Juste en regardant la parcelle et sans même connaître le bâtiment neuf, j’ai posé deux questions à mon interlocuteur. 2/13