Cyril
@cyrilspoile
Littérature, puzzles et mammouths laineux
78/ Cocktail de neurosciences, psycho et philo pour éclairer un épisode de trouble personnel et plus largement la grosse question de la relation entre l’esprit et le corps. Gros challenge vu mon niveau d’énergie du moment, c’est DENSE et ardu, mais je suis content de l’avoir lu.
77/ Trajectoire d’un groupe de « mods » avignonnais depuis les années 90 par le prisme de leur vestiaire. Snobisme rock, spleen, idéaux, et sérieux absolu en ce qui concerne les apparences. Une tranche de vie et d’époque, sympathique.
76/ Bon gros délire parano-existentiel, toujours sur le seuil entre monde réel et paradis artificiels, qui parle de cruising en réalité virtuelle, de deuil, de chemsex et de techno-catastrophisme. C’est un peu le bordel mais c’est pas mal.
75/ Deux-trois textes intéressants sur l’intersection de vécus lesbiens avec des enjeux de racisme, classisme, validisme. Les autres textes restent un peu trop au niveau du récit de vie sentimental et premier degré pour m’intéresser, pour ce que vaut l’avis d’un non concerné.
74/ Un soldat japonais abandonné dans la débâcle de la bataille de Leyte (1944), aux Philippines, tente de survivre à la famine. Terrifiant récit inspiré de l’expérience de l’auteur, qui rappelle Au cœur des ténèbres dans la manière dont une forme de folie sacrée s’impose aux derniers survivants.
Elle reprend la pause dans un lieu plus neutre pour t’aider à te concentrer :P
C’est dimanche, vous n’avez rien de mieux à faire que de regarder mon chat.
73/ Un écrivain vieillissant et veuf met de l’ordre dans ses souvenirs et les œuvres non publiées de sa femme, poétesse. Pas un Auster majeur mais plein de petits détails et allusions (à la vie réelle et à l’œuvre passée) qui font de ce tout dernier livre un objet testamentaire très émouvant.
72/ Désastres amicaux et amoureux de Young, jeune étudiant et écrivain plus doué pour l’auto-destruction que les relations sincères. Beaucoup d’humour cynique qui cache une vraie sensibilité dans ce roman qui parle aussi de la condition pas brillante des homosexuels en Corée du Sud. Très bon.
Et il est très beau et mes poils ont presque fini de repousser (tu t’étais mis un rappel ?) J’ai eu le temps d’en faire un autre depuis d’ailleurs, il est en cours de cicatrisation 😁
71/ Un photographe à succès plaque tout pour devenir écrivain et vivre de petits boulots. Récit de grand bourgeois qui fait du cosplay de pauvre pour sentir le frisson de la vie d’artiste. Les quelques pages intéressantes sur l’uberisation n’effacent pas le goût dégueulasse de l’ensemble.
Je crains que ce soit encore moins intéressant, tu veux des photos des saluts des spectacles que je vois ? 😅
70/ Un linguiste atterrit par erreur dans un pays aux mœurs bizarres où tout le monde parle une langue incompréhensible. Petit bijou d’étrangeté absurde, à la fois variation sur le mythe de Babel et fable dystopique : le mot kafkaïen n’est pas galvaudé pour une fois.
69/ Plus rien ne me monte au cerveau avec la chaleur donc j’ai relu ce petit Mishima. Une histoire d’amour aux airs tragiques (mais finalement non) dans une communauté de pêcheurs sur une île au Japon. Un peu mièvre mais rafraîchissant, comme dans mon souvenir.
68/ Encore l’histoire d’un homme médiocre et sans intériorité ? C’est ce que je me suis dit au début de ma lecture mais Chair et son héros taciturne, qui n’est que surface, m’ont pourtant séduit, sans doute parce que ça ne parle pas que de masculinité mais d’un malaise existentiel plus vaste.
67/ Classique néerlandais (1860) sur la corruption et l’exploitation au fondement du système colonial. On n’est pas franchement dans de la pensée décoloniale mais c’est intéressant historiquement et la forme - mélange de satire acide et de paraboles naïves - est étonnante.
66/ Entre essai, manifeste politique et poésie, un texte sur le patriarcat, la maternité, le lesbianisme politique, l’exploitation du corps des femmes et autres sujets connexes. Grinçant, drôle, dans une forme originale, juste peut-être pas aussi explosif que ce qu’on m’avait dit.
65/ Une histoire des réponses associatives et politiques à l’épidémie de sida, et notamment de l’évolution des philosophies respectives des associations majeures intervenant dans les champs de l’aide aux malades, de la prévention et de la lutte politique. Un peu ancien (2002) mais passionnant.
64/ Moins abouti peut-être que d’autres romans plus ambitieux de Hustvedt (Tout ce que j’aimais, Un monde flamboyant) mais un tout de même un beau portrait, parfois cruel mais lumineux, des relations entre femmes à trois âges de la vie. La traduction n’est malheureusement pas très bonne.
L’idée ce serait de refaire cette couleur-là, je suis retombé hier sur cette photo d’il y a un an tout pile, c’est ce qui m’a redonné envie.
63/ Je n’attendais pas Paul Auster dans le registre de la dystopie ou du post-apocalyptique, mais on retrouve nombre de ses thèmes (solitude, espaces urbains et fictifs labyrinthiques), avec en prime des allusions obliques mais claires, me semble-t-il, à la Shoah. Très fort.
62/ Dans les années 60, Edith accompagne sa sœur, enceinte d’un homme auquel elle n’est pas mariée, en Italie. J’ai écouté en vitesse 1.2x en espérant que ça finisse pas avoir un intérêt. Un soap mollasson, de vagues réflexions plates et peu développées sur la condition féminine et l’exil. Mortel.
61/ Pour sauver l’exploitation de son père, Marlon, 17 ans, passionné d’art, suggère de faire un labyrinthe géant des champs de maïs. Jolie « coming of age story » queer, pleine de références artistiques, mythologiques et littéraires - au point d’être un peu désordonnée parfois mais attachante.
Tu penses à Zineb el Rhazoui et au barbu qui la regarde alors qu’elle veut juste boire sa coupe de champagne tranquille ?
D’ailleurs Raymond Queneau le disait aussi, dans sa préface inachevée au roman : « Comme son titre nous le signifie nettement, Bouvard et Pécuchet est un roman du couple – du couple homosexuel »
60/ Vertige de la connaissance et de la bêtise humaines - incroyable livre tout en liste et en inventaires et pourtant rythmé, immensément drôle et attachant. Flaubert, sacré coco. Et on ne m’ôtera pas de la tête que B et P sont peut-être le premier couple gay homoparental de la littérature fr.