Camille S.
@k1000journaliste
🗞 Journaliste spécialisé investigation. Mes articles dans Blast, Arrêt sur images, Basta et Rapports de force.
Le fait de proposer à la vente, en France, des biens dans les colonies israéliennes de Cisjordanie pourrait constituer une violation de l'article 461-26 du code pénal, qui prévoit pour ce genre de crime la réclusion à perpétuité. 4/9
Le désormais ancien délégué national de l'UNI, Mathis Gachon, était présent pour la réouverture de l'UNI Strasbourg. Il était encore à la direction nationale de l'UNI à l'époque. Et c'est peu dire qu'il n'est pas recommandable, en témoigne cette vidéo où il fait des saluts nazis.
Pire : sur son profil Instagram, il affiche un schéma antisémite. Nous l'avons questionné sur la signification de ce schéma, il n'a jamais voulu nous l'expliquer. Se contentant de dire qu'il n'est pas de lui, et qu'il s'est toujours positionné contre l'antisémitisme.
Le vice-président de l'UNI Strasbourg, Robin Gerolt, affiche sa radicalité sur Instagram. Il est militant de la branche jeunesse du parti d'Éric Zemmour, et se montre aux côtés de l'AfD, parti allemand qui entretient l'ambiguïté sur les sujets liés au nazisme.
Malgré les polémiques de 2025 (salut nazi, jeu de carte raciste et antisémite), le virage à l'extrême-droite de l'UNI Strasbourg s'est poursuivi sous Lisy Spengler. Elle collabore ainsi avec le média raciste Frontières, et s'affiche avec son journaliste star Jordan Florentin.
Pire : elle a également liké une publication du C9M, le groupuscule néo-nazi qui organise, chaque année à Paris, une marche au cours de laquelle de nombreux symboles nazis sont déployés.
Et, puisque la mesure est impossible à contester - compte tenu des délais d'audience devant les tribunaux administratifs - que voulez vous faire ? Saisir l'ONU ? Omar Alsoumi l'a fait, et l'ONU a recadré la France... qui s'en fout royalement, et a prolongé le gel de ses avoirs.
Un autre aspect de cette répression est la culpabilité par association. Au lieu de vous reprocher des faits vous concernant, les ministères pointent des éléments sur d'autres personnes. Puis vous relient à elle, car vous leur avez apporté un soutien, ou partagé leurs textes, etc.
Parfois, ça vire au grotesque : avoir retweeté une blague sur l'usage du fonds Marianne (que des proches de Marlène Schiappa sont soupçonnés d'avoir détourné) est un argument pour geler les avoirs d'une personne. Évoquez un scandale contre le gouvernement ? On vous sanctionne !
Pire : le gouvernement reproche les commentaires sous les publications sur les réseaux sociaux. J'ai questionné le ministère de l'Intérieur pour savoir si, en cas de commentaires haineux sous une publication de Laurent Nuñez, ses avoirs pourraient être gelés. Pas de réponse.
Omar m'a raconté comment on vit sous gel des avoirs. Chacun de ses paiements doit être validé par le ministère de l'Économie : son loyer, ses factures d'électricité, etc. Pour les courses, il a droit à 800€ par mois en liquide, et doit fournir chaque mois les tickets de caisse.
Parmi les personnes ciblées, on trouve ainsi Omar Alsoumi, porte-parole du collectif @urgencepalestine.bsky.social. Alors qu'il n'a jamais été condamné pour des faits liés au "terrorisme" - il est en attente de procès pour "apologie du terrorisme" - ses avoirs sont gelés depuis mai 2025.
Le gel des avoirs est prévu dans la loi depuis 2006, dans le but affiché de "lutter contre le terrorisme". Sauf que, depuis quelques temps, on compte parmi les profils visés de nombreux militants pro-palestiniens, et des acteurs de la communauté musulmane.
L'Institut Politicae, créé par les réseaux de Stérin, en partenariat avec l'IFP, avait à sa tête un élu ciottiste, allié au RN... Et un cadre d'Horizons, le parti d'Édouard Philippe, illustrant la porosité entre la macronie et l'extrême-droite.
Plus inquiétant encore : l'ILDJ fait de l'entrisme au sein de l'ESJ Paris, plus vieille école de journalisme au monde, rachetée en 2024 par les milliardaires Vincent Bolloré, Bernard Arnault et Rodolphe Saadé. On retrouve ainsi des cadres de l'ILDJ aux commandes de l'ESJ Paris.
Vu le profil des formateurs, pas étonnant que les élèves rendent hommage à un néo-nazi. Plusieurs semaines après les révélations de Mediapart sur les tweets nazis de Quentin Deranque, c'est à ce jeune homme que les élèves de l'organisme ont dédié le nom de leur promotion.
Pourtant, loin de la ligne lisse qu'essayent d'afficher les partis de droite, l'IFP compte parmi ses formateurs des personnalités ultra-radicales. Comme Bernard Lugan, partisan de l'apartheid sud-africain, ou Julien Rochedy, défendant l'existence "sur-hommes" et "sous-hommes".
La ligne de l'IFP est ultra libérale. Et sa proximité avec le RN - Jordan Bardella y est intervenu deux fois - illustre le virage du parti sur les sujets économiques. Plusieurs jeunes cadres du RN ont été formés sur les bancs de l'IFP, dont des députés du parti.
Tout comme l’Allemagne nazie nourrissait un antisémitisme viscéral, Israël a pour ciment social un racisme anti-palestinien assumé. Cela se manifeste par la violence de l’armée et des colons. Et, évidemment, par le refus catégorique de vivre à égalité avec les Palestiniens.
Quatrièmement, l’État génocidaire israélien a des similitudes, dans sa politique, avec l’Allemagne nazie. La loi Yadan prévoit de considérer comme une “contestation de crimes contre l’humanité” la “banalisation outrancière” ou la “minoration” d’un crime contre l’humanité.
Troisièmement, ce qui est désigné en occident comme du “terrorisme palestinien” est sans commune mesure, en termes d’horreur, avec les crimes commis par Israël depuis sa création. En termes de nombre de morts, d’échelle d’horreur, ça n’a rien à voir.
Ne voir les Palestiniens que comme un peuple de victimes, et non aussi comme un peuple debout, qui combat l’occupant, c’est leur manquer de respect.
Deuxièmement, la Palestine a le droit de se défendre. Comme tout peuple occupé, les Palestiniens ont le droit de résister, par les moyens à leur disposition, face à l’occupant. C’est non seulement un droit légal, mais un droit moral.
Je considère qu’un État dont l’existence repose sur le maintien d'une majorité ethnique, privant des populations expulsées d’y revenir, doit être démantelé. La justice en Palestine, ce serait donc ça : un démantèlement de l’État d’Israël, notamment par le retour des réfugiés.
Considérer que l’État d’Israël n’a pas de légitimité à exister, c’est donc regarder la réalité concrète des conditions de sa création. Mais aussi le présent : les descendants de ces Palestiniens chassés de chez eux sont plus de 6 millions, et Israël les empêche de revenir.
Cet épisode, qu’on appelle la Nakba, a amené à l’exil forcé de 700 000 à 800 000 Palestiniens, chassés de leurs terres. Leurs villages ont été détruits, et transformés en villes israéliennes. Ces réfugiés ont dû fuir ailleurs en Palestine, ou à l’étranger.
Comme c’était inévitable, cette idéologie a produit un nettoyage ethnique : si on conçoit l’auto-détermination comme un projet ethnique, ça implique de se débarrasser des populations ne correspondant pas au projet. C’est ce qu’il s’est passé à la création d’Israël, en 1948.
[THREAD 🇵🇸🧶] Demain, l’Assemblée nationale se penchera sur la loi Yadan. Alors, au cas où ça deviendrait illégal de les exprimer, voilà quelques-unes de mes opinions sur la question palestinienne. Premièrement, l'État d’Israël est un État illégitime qui doit être démantelé.
La loi Yadan va faire entrer le mot "implicitement" dans le code pénal. Pour l'instant, ce terme n'apparaît pas une seul fois. À part en faisant des procès d'intention, au sens propre, comment on détermine qu'une personne a "implicitement" provoqué à des actes de terrorisme ?
Un tweet, comme celui surligné sur cette capture d'écran, pourrait ainsi être interdit, et mener en prison. Observez le retournement rhétorique : comparer des crimes contre l'humanité au nazisme ne revient plus à dénoncer ces crimes, mais à banaliser le nazisme.