Tristan K.
@tristankamin
Sûreté nucléaire ~ Transition énergétique ~ Photographie Les pourcentages ne sont pas des mesures physiques.
Mais sur le fond : ça vaut quoi, quelques exemples isolés tel que Flamanville 3, contre la réalité à grande échelle et pérenne dans le temps illustrée ci-dessous ?
Si on ferme les yeux sur la grammaire, j'aime bien le fait qu'ils aient apporté cette précision. C'est effectivement une des hypothèses souvent omises de la "dose équivalent banane".
Et pour cause, voilà comment a varié, année après année depuis presque vingt ans, le parc électrique français, en fonction des filières de production.
Et pour désamorcer le contre-argument « la comparaison est malhonnête dans un pays où on ne développe pas les énergies renouvelables en raison de notre foi dans le tout nucléaire », un rappel sur la décomposition des capacités de production du pays.
Je vous en mets une version plus zoomée pour qu'on voie un peu comment se fait l'empilement. Mais immanquablement, tout est dominé par la cadence du photovoltaïque. L'éolien résiduel et l'hydraulique en souffrance ne compensent pas grand chose. On tient à peu près une base à 8 GW, disons.
Et voilà l'alternative tout à fait pas intermittente, fiable que certains naïfs et menteurs proposent encore aujourd'hui. On pourra en admirer toute la complémentarité, les forces des uns compensant les lacunes des autres et inversement selon les moments et les besoins.
Voilà pour le binôme vétéran du parc nucléaire, qui a longuement porté la décarbonation à lui seul, et auquel on reproche aujourd'hui des trucs pas clairs ou faux. Son intermittence, par exemple.
Tiens, une heure plus tôt, sur un autre versant. Quelques nuages sur l'horizon, pour te faire plaisir.
C'est sûr qu'ils sont moins sexy et grandioses qu'un Canadair ou un Dash... Moins vendeur que d'adapter notre ATR-72 bien français ou de développer la Frégate F100 d'une start-up française...
Le combustible, notamment, n'est pas tout à fait le même. La différence la plus visible est sa géométrie, mais nul doute qu'il doit y avoir plein de petits détails sur les alliages, les propriétés de la céramique, sur les éléments structurels... Que je ne connais pas.
Moi j'en connais un qui dirait qu'il faut arrêter de financier la gestion des déchets. Mais il est peut-être un peu trop limité pour qu'on le considère représentatif.
En cette période de remise en question des détracteurs du GIEC, ça donne toujours envie de coller des coups de pieds au cul de lire que la France serait en retard quant à la décarbonation du système électrique.
Envoyé par les collègues de ma petite sœur (sa boîte est sur le port).
Pour finir, un empilement façon eco2mix. On y voit à quel point le solaire n'est plus du tout marginal, il est devenu dimensionnant pour le système électrique. On y voit que les creux de production nucléaire ressemblent plutôt à de l'effacement au profit de la production photovoltaïque.
Les intercos : à l'exportation toutes ! Par contre, alors que 14 à 16 GW étaient la routine, on tombe plutôt à un 14 GW exceptionnel. Forcément, le petit boost de conso, le petit tassement du nucléaire, et l'absence de l'éolien, c'est autant d'électricité qu'on ne peut pas exporter.
Les bioénergies : parfaitement stable. Un petit GW mais il est au rendez-vous.
Le solaire, sans surprise, est généreux. Je rappelle que, hors consommation et exports, je normalise ces figures à la puissance installée. Donc gros facteur de charge pour le solaire... Aux bonnes heures, quoi. Le jour. L'éolien : anecdotique, mais arrive quand même à fortement fluctuer.
Le nucléaire, dont on a tant parlé : ça se tasse pas mal, c'est vrai. Variations progressives entre 35 et 40 GW d'un jour à l'autre avant de se tasser plus nettement samedi, à l'image de la consommation. C'est ça que d'aucuns oseront appeler "intermittence" ou "inefficience".
Hydraulique : peu sollicitée (normal en cette saison, on voudrait pas vider les barrages en une semaine d'été) mais en exploitant pleinement sa pilotabilité puisqu'on identifie un motif assez complexe mais régulier.
Fossiles : le gaz est utilisé de manière régulière et soutenue chaque nuit (les étiquettes "lundi", "mardi"... Sont à minuit à chaque fois), dans la limite de 5 GW. Comme la semaine précédente mais à puissance presque doublée. Le fioul fait des petits dépannages locaux ponctuels.
Consommation plus élevée puisque vient frôler les 60 GW, mais stable au fil de la semaine, avec un rythme journalier bien en cloche, peu de fluctuations en dehors du rythme jour/nuit. Redescente au calme à 50 GW samedi.
Et enfin, imports / exporte (avec une échelle automatique à nouveau).
Pour la consommation, les axes étaient automatiques, ajustés. Pour chaque moyen de production, l'échelle est ajustée à la puissance installée telle que donnée par eco2mix. Fossiles.